Un voyage littéraire

 

épopée Gilgamesh
L’Épopée de Gilgamesh en écriture cunéiforme akkadienne, un des premiers récits de l’histoire. 18e-17e siècle av. JC

 

L’homme moderne est passé de la Préhistoire à l’Histoire à partir de l’apparition des premières écritures. L’écriture est née du besoin de préserver le savoir ancestral des communautés, et de le partager afin de suivre la voie inculquée par les anciens. En laissant une trace transmissible à travers les générations, les peuplent purent transmettre leurs connaissances, leurs traditions et leurs découvertes. Ainsi, marchands et aventuriers léguèrent de précieuses informations qui furent le pilier de grandes explorations : Pythéas, Confucius, le moine Xuangzang, Marco Polo, Abu Ibn Battûta, le capitaine William Kidd, Paul Pelliot, Alexandra David-Neel ou encore Jacques-Yves Cousteau… chacune de ces personnalités a influencé l’évolution du monde par ses écrits, eux-mêmes inspirés par des textes qui leurs étaient antérieurs (épopées gréco-romaines, rapports de voyageurs arabes et de marchands chinois etc). Nous vous recommandons fortement de lire leurs biographies si ces noms vous sont inconnus !

C’est en lisant ces récits et carnets de voyages que de nombreux contemporains partirent sur les traces de ces aventuriers légendaires. Une lecture analytique que j’utilise également avant de partir vers l’inconnu. Cette méthode m’offre un aperçu sur le monde que je suis sur le point de découvrir, je découvre les rites et les coutumes chères aux peuples que je croiserai sur ma route. Négliger cette approche risque de compromettre l’expédition, à l’instar du destin tragique de Dutreuil de Rhins, assassiné au Tibet pour avoir gravement manqué de respect aux nomades.

Je souhaite partager avec vous ces récits qui m’ont transporté par delà les frontières et grandement aidé à l’élaboration de Mission Mékong. En voici quelques-uns :

 

doudart carte

Explorations et missions de Doudart de Lagrée, capitaine de frégate : extraits de ses manuscrits.

Capitaine de vaisseau Ernest Doudart de Lagrée – Hachette Bnf

Voici un des premiers rapports décrivant scientifiquement, géographiquement et socialement le Mékong en langue française. Disparu tragiquement dans la région du Yunnan, le capitaine Doudart de Lagrée a transmis au lieutenant Francis Garnier son carnet de voyage, riche en référencements et analyses sur la navigabilité du Bas-Mékong. Pour rappel, le capitaine fut en charge de la première expédition occidentale sur le fleuve, il avait pour mission de remonter le cours d’eau de Saïgon jusqu’en Chine à bord d’une canonnière vapeur en 1866. Il disparut 2 ans plus tard.

Vous pouvez consulter gratuitement son récit scanné sur le site gallica en cliquant ici.

 

barbare au tibet

Un barbare au Tibet : à la découverte des sources du Mékong.

Michel Peissel – éditions Seuil

Michel Peissel est un célèbre tibétologue français qui découvrit le royaume du Mustang, dernier bastion tibétain à n’avoir jamais eu de contact avec l’Occident. En 1994, il partit officiellement au Qinghai avec l’accord du ministère de l’Agriculture de Chine pour recenser un cheval robuste et magnifique, le cheval de Lancang. Son but réel fut de déterminer pour la première fois dans l’Histoire la source géographique du Mékong. Il entama une course effrénée contre une équipe alpiniste sino-japonaise et un autre groupe français désireux de décrocher la palme avant lui. Par chance, « Mr Psl » la trouva en premier. Bien que sa découverte soit aujourd’hui invalidée, son aventure à travers les steppes du plus haut plateau du monde agrémentées de ses connaissances profondes du peuple tibétain sont une référence évidente à mes yeux. Il parle tibétain et a également rencontré Sa Majesté le Dalaï-Lama !

 

Le-devisement-du-monde

 

Marco Polo : le devisement du monde.

Marco Polo – éditions Klincksieck

En réalité rédigé par Rustichello de Pise pendant que Polo lui dictait son récit, cette version est une des plus complètes à un prix accessible, les versions les plus anciennes peuvent atteindre un prix astronomique ! Il me semble que certains passages manquent dans cet ouvrage, notamment à propos des guerres contre Saint Jean et la rébellion du clan de la Horde d’Or, mais cela n’entrave rien à la fascinante épopée que vécut la famille Polo. De plus, une carte est intégrée, avec les nominations de l’époque (cela peut demander quelques recherches pour se repérer !).

Je ne sais par où commencer tant cet ouvrage est prodigieux. C’est la référence historique et culturelle de l’Histoire de l’Asie au Moyen-Âge, et l’élément déclencheur de la frénésie occidentale des Grandes Explorations. Le récit de Polo bouleversa l’Europe pour les siècles suivants. Il semblerait que Christophe Colomb soit parti à la recherche des toits d’or contés par Messire Polo, décrivant l’opulence du Royaume de Pagan, l’actuel Myanmar.Mon coup de cœur !

 


 

Ces 2 ouvrages ne se réfèrent pas au Mékong, mais leur récit vous plongera dans une aventure humaine incroyable et vous portera à réfléchir sur la situation actuelle de notre civilisation.

 

le-portail

Le portail.

François Bizot – éditions Folio

François Bizot, membre de l’École française d’Extrême-Orient, est fait prisonnier au Cambodge par les Khmers rouges, en 1971. Enchaîné, il passe trois mois dans un camp de maquisards. Chaque jour, il est interrogé par l’un des plus grands bourreaux du vingtième siècle, futur responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts, condamné pour crimes contre l’humanité : Douch.
Au moment de la chute de Phnom Penh, en 1975, François Bizot est désigné par les Khmers rouges comme l’interprète du Comité de sécurité militaire de la ville chargé des étrangers auprès des autorités françaises. Il est le témoin privilégié d’une des grandes tragédies dont certains intellectuels français ont été les complices.

Un témoignage poignant et criant de vérité, l’impuissance d’un homme conscient de l’ombre d’une ère de terreur qui mit à genoux la civilisation khmère.

 

la longue route

La longue route.

Bernard Moitessier – éditions j’ai lu

La Longue Route de Bernard Moitessier est le récit autobiographique de son périple pendant la première course autour du monde en solitaire du Golden Globe, en 1968.

Fils de l’Indochine française, il a connu les eaux vietnamiennes et de Kampot (Cambodge) à bord de jonques de cabotage. Ce marin hors pair vous entraînera au gré des pages dans une réflexion sur l’évolution du monde, le choc entre la préservation des traditions et de la nature face à la furie de la mondialisation. Bien loin de l’esprit de la course (1ere organisation du Golden Globe) et de la recherche de popularité, il ne prit aucun poste émetteur, lança maladroitement quelques rapports et pellicules au Cap de Bonne-Espérance, et continua à tracer son sillage selon ses désirs. En pleine introspection, sa recherche du bonheur et d’équilibre le conduisit à dépasser la ligne d’arrivée sans s’y arrêter, et de continuer pour un 1/2 tour du monde supplémentaire toujours sans escale. Il s’arrêta à Tahiti, où il put observer ses craintes de la société de consommation et du tourisme de masse se réaliser.

 

 

J’espère que vous prendrez le temps de plonger dans ces livres et saurez les apprécier avec la même passion que j’eus pour ces auteurs, si je me sens capable d’oser une aventure comme Mission Mékong c’est sûrement grâce à eux !

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